17 février 2007

Et mon béret alors?

Comme le dit mon pote Alexis, il faut par­ler de bouffe à un moment ou un autre. La France étant le pays auto-proclamé de la bonne bouffe1, c’était une consi­dé­ra­tion très impor­tante pour tous les gens qui nous ont vu par­tir à l’étranger. Ainsi, beau­coup se sont inquié­tés de la dis­po­ni­bi­lité du camem­bert ou de la baguette dans les loin­taines contrées Cana­diennes2.

Je me demande d’ailleurs si cette frayeur ali­men­taire col­lec­tive s’est mani­fes­tée parce qu’on est par­tis dans une région lar­ge­ment Amé­ri­ca­ni­sée (“ils savent rien bouf­fer d’autre que des bur­ger ces ricains!”), ou si on obtien­drait le même résul­tat avec n’importe quel autre pays… Genre: “Tiens, je pars pour 2 ans au Tibet”… “Ah cool, mais tu trou­ve­ras du foie gras là-bas?”… Ou encore: “Je vais rejoindre un contin­gent scien­ti­fique en Antarc­tique”… “Oh, j’espère que tu pour­ras trou­ver du Reblochon”.

Enfin bref, reve­nons à nos mou­tons (en bro­chette) et com­men­çons cette série culi­naire avec l’un des endroits incon­tour­nables pour se pro­cu­rer des pro­duits frais, à savoir le Gran­ville Mar­ket (Mar­ché de Gran­ville), situé sur l’île de Gran­ville à envi­ron 10 minutes en vélo de chez nous.

Au Gran­ville Mar­ket on trouve tout un tas de fruits et légumes dont la majo­rité pro­viennent de l’agriculture bio­lo­gique équi­table bidule machin. En plus des pro­duits habi­tuels, on trouve énor­mé­ment de fruits et légumes d’Amé­rique Cen­trale ou d’Asie.

Mais qu'est-ce que c'est?Mais qu’est-ce que c’est? Hos­ted on Zooomr

C’est clair qu’avec plus de Chi­nois que de Cana­diens à Van­cou­ver, la pré­sence Asia­tique se fait sen­tir, et on trouve cou­ram­ment du fruit du dra­gon à côté de ses bananes dans la supé­rette du coin.

L’autre grande pré­sence, c’est les fruits de mer, proxi­mité de la mer oblige.

AppetissantAppe­tis­sant Hos­ted on Zooomr

Pour le reste, c’est des bou­chers, des bou­lan­ge­ries (dont l’une essaie, de manière moyen­ne­ment convain­cante, de se faire pas­ser pour une bou­lan­ge­rie Fran­çaise), un ou deux fro­ma­gers (avec des fro­mages cou­lants qui puent sous plas­tique… étrange), des éta­lages de grains, de pâtes, etc.

Des pates, mais pas des PanzzaniDes pates, mais pas des Panz­zani Hos­ted on Zooomr

Mais sur Gran­ville Island, il n’y a pas que le mar­ché. On y trouve tout un tas d’artisans tels que des luthiers, des cor­don­niers, des potiers, ou des souf­fleurs de verre. Plu­sieurs ate­liers d’artistes sont ins­tal­lés éga­le­ment, un ins­ti­tut d’art et design, un théâtre, divers autres machins cultu­rels, et bien sûr quelques bou­tiques qui gra­vitent au milieu de tout ça. Sans comp­ter une petite marina, et des pro­me­nades pour les cou­ra­geux qui font leur jog­ging dehors. Les tou­ristes et les locaux se croisent donc ici au son des musi­ciens qui riva­lisent avec les mouettes criardes.

Notez enfin que Gran­ville Island était au début du 20ème siècle une zone indus­trielle. Gran­ville était même le nom de Van­cou­ver jusqu’à la fin du 19ème siècle. Après la Seconde Guerre Mon­diale, l’activité de l’île a rapi­de­ment décliné. Elle a donc été trans­for­mée via un grand pro­gramme de réno­va­tion pen­dant les années 70 en un lieu inté­gré à la vie quo­ti­dienne des citoyens. Quelques ves­tiges de son passé sont donc visibles ça et là.

Grue de GranvilleGrue de Gran­ville Hos­ted on Zooomr

Enfin remar­quez, ça peut juste être un dis­po­si­tif ser­vant à rame­ner des trucs lourds au milieu du mar­ché, hein, mais ça fait plus tou­ris­tique de pen­ser que c’est un vieux truc his­to­rique3.

Une fois la visite ter­mi­née, il suf­fit d’aller se cher­cher quelques bei­gnets et donuts sur l’un des éta­lages de sucre­ries du mar­ché… parce que mine de rien, il faut récu­pé­rer des forces avant de reprendre son vélo pour le che­min du retour!

1 C’est qu’on aime bien s’auto-proclamer plein de trucs chez nous.

2 Per­sonne n’a demandé si on pou­vait ache­ter des bérets, par contre. C’est dingue, les plus anciennes ins­ti­tu­tions de notre grand pays se perdent!

3 Par ici, on trouve de l’histoire où on peut, hein, faut pas être regardant.

3 réponses à “Et mon béret alors?”

  1. […] y a très très long­temps, j’avais men­tionné la pré­sence de plein de fruits bizarres sur les mar­chés van­cou­vé­rois. La proxi­mité (toute rela­tive) de l’amérique cen­trale ainsi que la forte population […]

  2. […] du coin. Bien sûr, le reste du temps on trouve des mar­chés cou­verts per­ma­nents comme celui de Gran­ville Island, mais les mar­chés de quar­tier sont beau­coup plus relax et convi­viaux, avec une petite […]

  3. […] métro­po­li­tain va vous deman­der, les mains trem­blantes, si au Canada on peut trou­ver du fro­mage qui pue ou du vin qui pique ou du foie gras ou des crois­sants ou je sais quoi. Et la réponse sera […]

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