samedi 10 mai 2008

On a faim

On a faim

Super infos du jour

Cette semaine, Vancouver a été nommée "ville canadienne la plus mieux bien pour les piétons" par la Fédération Canadienne De Médecine Pédiatrique. Oui madame. Et si vous êtes toujours pas convaincus que Vancouver c'est vraiment tip top bien, je vais devoir vous déterrer des prix encore plus moisis, genre "meilleure ville pour acheter de la pâtée pour chien", par l'Association Nord Américaine Des Propriétaires de Caniches Nains, ou la "ville la plus agréable quand on a hémorroïdes", par la Fédération Internationale Des Gens Qui Ont Des Hémorroïdes.

Les critères de sélection qui ont placé Vancouver en première place incluent apparemment l'esthétique naturelle de la ville, les parcs, et le système de transports publics. Apparemment, le fait de risquer sa vie à chaque croisement n'a pas joué beaucoup sur la décision finale. En plus, quand on regarde le classement, on ne trouve aucune des autres grandes villes canadiennes dans le top 15. C'est louche. Y'a pas de trottoirs à Montréal ou quoi?

Pendant ce temps, on m'annonce que Pascal Sevran est mort, mais cette fois-ci, c'est pour de vrai, il parait.

Eh ouais, c'est qu'il y a de l'info de qualité sur ce blog, dites donc.

mercredi 7 mai 2008

A vol d'oiseau

A vol d'oiseau

We are traffic

Critical Mass ("Masse Critique"), c'est un évènement qui se déroule tous les derniers vendredis du mois, à 18h, à la Gallerie d'Art de Vancouver, en centre-ville. Le principe est simple: un tas de gugusses avec des vélos se réunissent et font une petite balade à travers la ville pendant deux ou trois heures.

Le seul hic: le "tas" de gugusse peut parfois atteindre plusieurs centaines de ces gugusses sus-cités.

Masse critique à la Vancouver Art Gallery

Démarré à San-Francisco en 1992 avec moins d'une cinquantaine de participants, le mouvement a vite gagné en popularité et le concept s'est exporté dans pratiquement toutes les grandes villes du monde. Puis dans plein de moyennes villes. Et dans les patelins perdus de campagne. Et enfin à Vancouver.

Critical Mass au bord de l'océan

L'organisation, l'ambiance, ainsi que le public type d'une Critical Mass varient grandement d'une ville à l'autre. Outre le dénominateur commun d'aimer faire du vélo, les participants auront pour la plupart des tendances politiques pro-environnementales. Ensuite, selon les cas, il peut y avoir un peu de sensibilisation concernant l'usage du vélo (plutôt que la voiture), un poil de dénonciation des problèmes d'aménagements urbains (manque de pistes cyclables, carrefours dangereux), voire même être un vecteur d'exposition pour les altermondialistes, les anti-OGM, les pro-Tibet-Libre, le fan club de Demis Roussos, et j'en passe et des meilleures. Selon les villes et l'humeur locale, une Critical Mass peut être amicale ou revendicatrice, être une balade à vélo pépère ou une manifestation de désobéissance civile. Rien que pour vos beaux yeux, j'ai donc été m'infiltrer dans ce repaire de communistes anarchistes sournois pour voir ce qu'il en est ici à Vancouver.

D'abord, une Critical Mass, c'est zéro organisation. Enfin en tous cas en apparence. Le principe est tout bêtement de faire du vélo en un gros bloc soudé, histoire de pouvoir profiter de la route sans craindre les voitures qui dépassent, changent de voie, etc. Des "partners" ("partenaires") partent en avance et s'occupent de retenir les voitures le temps que tout le monde passe un croisement, un peu comme s'il s'agissait d'un convoi exceptionnel. A chaque feu, il est donc de bon alloi de crier un "Merci partenaires!" aux quelques cyclistes arrêtés sur les côtés. Il est aussi demandé de laisser passer les piétons qui désirent traverser.

Le trajet emprunté est à priori totalement improvisé. Dans certaines villes, on vote sur internet quelques jours avant, il parait. Moi je me suis contenté de suivre.

image

Après chaque pont, ou chaque grosse montée, tout le monde s'attend. Le rythme est touristique, mais sans être trop lent. En attendant les retardataires, les gens chantent et papotent et font connaissance. Certains soulèvent leurs vélos en criant pour affirmer leur suprémacie éphémère de la route (et aussi avoir l'air très stupide). Je dois avouer que c'est plaisant de pouvoir foncer sur un gros axe comme Georgia ou Burrard sans se soucier des voitures.

Critical Mass sur le Lions Gate Bridge

La plupart des gens qui regardent les cyclistes depuis le trottoir affichent, tout comme pratiquement tous les participants, un grand sourire. La plupart ont aussi un regard de totale incompréhension. Les quelques-uns qui crient "Mais qui êtes-vous?" reçoivent bien souvent des réponses troublantes du genre "Des gens qui aiment faire du vélo!". Les gens dans les voitures, à ma grande surprise, sont également globalement contents de voir ce genre de manifestation. Ils doivent attendre quelques minutes que tout le monde passe, mais crient des encouragements ou klaxonnent joyeusement pour soutenir la troupe. Les chauffeurs de taxis ou de bus affichent une lassitude sans fond. Enfin, certains conducteurs klaxonnent d'énèrvement, mais dans le bordel ambiant, ça ne se remarque pas trop.

La police et Critical Mass

C'est là où la police entre en jeu. Des agents de police accompagnent les cyclistes afin de régler les problèmes avec les quelques chauffeurs impatients qui sont malheureusement parfois à deux doigts de foncer dans le tas pour gagner trois précieuses minutes sur leur emploi du temps du vendredi soir. Les partenaires se jettent alors sur la voiture dès qu'elle fait mine de démarrer, afin de l'empêcher de mettre en danger les autres cyclistes. La discussion qui suit commence généralement par le conducteur qui crie très fort, puis menace d'appeller la police, et enfin s'empare de son téléphone portable (s'il n'était pas déjà en communication pendant qu'il conduisait). Les agents de police s'approchent alors pour expliquer gentiment au gars que oui, bon, okay, les cyclistes ont pas vraiment spécialement d'autorisation officielle, mais d'un autre côté, c'est pas spécialement illégal, enfin si, peut-être, mais bon, voilà, monsieur, attendez encore deux minutes et on en parle plus, c'est comme ça tous les mois, tenez, prenez un joint, ça vous calmera, par contre, faites-moi le plaisir de cacher cette bière.

Au moins une fois pendant la balade, ça ne rate pas, il y a un gars qui crie quelque chose du genre "Et qui vous donne le droit de bloquer le traffic?!", ce à quoi répondent en coeur les cyclistes "On ne bloque pas le traffic, on est du traffic!".

Un grand vélo

La Critical Mass de Vancouver semble assez sympathique et innocente. Quelques originaux viennent déguisés ou font la balade sur des drôles d'engins. Il y a assez de monde pour que ça soit notable, mais pas trop non plus, pour pas que le défilé dure 10 minutes, auquel cas tout le monde détesterait les cyclistes, ce qui irait à l'encontre du but recherché. Cela n'empêche pas, au bureau, de trouver quand même des gens qui trouvent ça honteux, et qui vous regarderaient de travers s'ils apprenaient que vous participez à ce genre d'activité méprisable (c'est les mêmes qui viennent au boulot tous seuls dans leur grosse voiture). Ca n'empêche pas non plus de trouver parmi les cyclistes des gens dont l'attitude conquérante vis-à-vis des voitures est tout aussi triste (c'est les mêmes qui vont vous emmerder parce que vous achetez du thon en boite).

Anecdote amusante, l'un des candidats à la mairie de Vancouver (les élections municipales sont en novembre) a participé à la Critical Mass du mois dernier, faisant un petit discours où les promesses sur les aménagements urbains et les transports en commun ont fusé. La semaine suivante, il a sûrement été au salon de la voiture et de la moto pour promettre plus de parkings et de stations essence (ouais, je suis un vieux réac' français cynique, et alors?), mais bon, c'est le geste qui compte (ou pas). Après tout, je m'en fous, j'ai même pas le droit de voter, en fait, je suis un sale étranger qui pique le travail des honnêtes canadiens.

Les trotinettes sont autorisées

Et voilà. Si le concept vous plait, vous pouvez vous renseigner sur la Critical Mass de votre patelin. Si le concept ne vous plait pas, vous pouvez quand même vous renseigner, et répandre des clous par terre à proximité du lieu de rendez-vous. Ca leur apprendra à ces sales hippies.

Critical Mass sur le pont de Burrard

vendredi 2 mai 2008

Incendie chez Casimir

Incendie chez Casimir

On sait qu'on est à Vancouver...

...quand, dans les concerts de hard-rock, les gens vous proposent amicalement de partager un joint alors que la police est en poste quelques mètres plus loin, et que par contre, pour boire de la bière, il faut prouver sa majorité et aller boire son verre dans la zone d'exemption des lois d'interdiction de consommation d'alcool sur les lieux publics.

Pendant ce temps, les deux gugusses qui essaient de déclencher des pogos echouent lamentablement à éveiller les instincts belligérants des spectateurs.